Date : 1815
Dimensions : 45 cm x 35 cm Material : Oil on canvas Acquisition : Legs (1818) Ecole fran?aise - N?oclassique
| En?e racontant ? Didon les malheurs de la ville de Troie Item 23 on 27 French Painting Painting (Tableau mythologique)
Area related Paris (France)
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 | Description |  |
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Esquisse pour un tableau r?alis? en 1815 d'apr?s l'En?ide de Virgile. En?e raconte ? Didon la destruction de Troie dont il vient de r?chapper. Son fils Ascagne ?te l'anneau donn? par son d?funt ?poux ? la reine de Carthage, qui concevra une passion fatale pour En?e.
Virgile rapporte, dans "L'En?ide", que cette reine l?gendaire de Carthage, la fille de Mutto, roi de Tyr en Ph?nicie, et soeur de Pygmalion, tombera amoureuse d'En?e. Pygmalion succ?dera ? son p?re sur le tr?ne de Tyr et assassinera le mari de Didon, Sych?e ou Sicharbas, et le fr?re de son p?re.
Didon, qui vivait ? Tyr o? elle portait le nom de la d?esse Elissa, s'enfuira, apr?s la mort de son mari, en Afrique du Nord, dans l'actuelle Tunisie, avec sa soeur Anna et un groupe d'amis. Le roi du pays, que Virgile appelle Iarbas, lui vendra un territoire aussi grand qu'une peau de boeuf. Didon d?coupera la peau en lani?res et obtiendra un territoire suffisant pour y b?tir une citadelle. Carthage portera, dans un premier temps, le nom de Byrsa (peau).
L'historien grec Tim?e rapporte que Iarbas souhaitera l'?pouser, avec l'accord des notables carthaginois. Didon, qui avait jur? de ne jamais se remarier, pr?f?rera s'immoler. Virgile fera de cette l?gende le th?me des premiers livres de "L'En?ide".
En?e et les Troyens feront voile vers l'Italie. Junon (H?ra) s'opposera ? leur projet de fonder une nouvelle Troie. Elle demandera ? Eole de d?lier l'outre retenant les vents afin de provoquer une terrible temp?te qui devait d?truire la flotte troyenne. Neptune apaisera les vagues et les navigateurs pourront faire escale en Afrique, pr?s de Carthage, cit? r?cemment fond?e par la reine Didon.
La souveraine, touch?e par une fl?che de Cupidon (Eros), d?guis? en Ascagne et envoy? par V?nus, tombera amoureuse d'En?e. Junon, qui esp?rait que le projet de fonder une nouvelle cit? en Italie serait abandonn?, favorisera l'union dans une grotte.
Mercure, envoy? par Jupiter, rappellera ? En?e qu'il devait accomplir sa destin?e en Italie. Didon, persuad?e d'?tre la femme l?gitime d'En?e, ordonnera de br?ler tous les souvenirs laiss?s par ce dernier avant de prendre la mer. Elle se jettera dans les flammes apr?s s'?tre transperc?e avec l'?p?e qu'il lui avait donn?e. L'Ombre de Didon refusera de pardonner En?e, rencontr? aux Enfers accompagn? par la Sybille de Cumes, et refusera de r?pondre ? ses questions. Les fondements de cette l?gende semblent remonter aux premiers po?tes ?piques latins, Ennius et Naevius et trouvent sans doute leur origine dans les Guerres puniques.
Varron, le grand savant du ler si?cle avant J?sus-Christ, rapporte que c'est la soeur de Didon, Anna, qui p?rira dans les flammes par amour pour En?e.
Virgile - L'En?ide chant IV (v 642 et sqq)
"At trepida et coeptis immanibus effera Dido
sanguineam volvens aciem maculisque trementis
interfusa genas et pallida morte futura,
interiora domus inrumpit limina et altos
conscendit furibunda gradus ensemque recludit
Dardanium, non hos quaesitum munus in usus.
Hic, postquam Iliacas vestis notumque cubile
conspexit, paulum lacrimis et mente morata
incubuitque toro dixitque novissima verba :
"Dulces exuviae, dum fata deusque sinebat,
accipite hanc animam meque his exsolvite curis,
Vixi et quem dederat cursum fortuna peregi,
et nunc magna mei sub terras ibit imago.
Urbem praeclaram statui, mea moenia vidi,
ulta virum poenas inimico a fratre recepi,
felix, heu nimium felix, si litora tantum
numquam Dardaniae tetigissent nostra carinae."
Dixit, et os impressa toro "Moriemur inultae,
sed moriamur" ait. "Sic, sic iuvat ire sub umbras.
Hauriat hunc oculis ignem crudelis ab alto
Dardanus, et nostrae secum ferat omina mortis."
Dixerat, atque illam media inter talia ferro
conlapsam aspiciunt comites, ensemque cruore
spumantem sparsasque manus. It clamor ad alta
atria ; concussam bacchatur Fama per urbem.
Lamentis gemituque et femineo ululatu
tecta fremunt, resonat magnis plangoribus aether,
non aliter quam si immissis ruat hostibus omnis
Karthago aut antiqua Tyros, flammaeque furentes
culmina perque hominum volvantur perque deorum.
Traduction :
"Effar?e, farouche de son cruel dessein, Didon, un ?clat sanglant dans les yeux, les joues tremblantes et parsem?es de taches, p?le d'une mort prochaine, se pr?cipite ? l'int?rieur du palais, monte, en proie ? la folie, les hautes marches du b?cher, d?gaine l'?p?e du Dardanien : ce n'?tait pas pour cet usage qu'il la lui avait offerte ! Apr?s avoir jet? un regard sur les v?tements d'Ilion, sur la couche famili?re, elle a vers? quelques larmes, s'est abandonn?e ? ses pens?es puis s'est jet?e sur le lit et a fait entendre ces derni?res paroles : << V?tements chers ? mon coeur, tant que les destins et les dieux le permirent, recevez mon ?me et d?livrez-moi de mes tourments, j'ai fini de vivre et la course que le destin m' a accord?e, je l'ai accomplie. Maintenant c'est une grande ombre qui va aller sous la terre. J'ai b?ti une ville magnifique, j'ai vu mes remparts, j'ai veng? mon mari et puni mon fr?re meurtrier. Heureuse, h?las trop heureuse si seulement les vaisseaux dardaniens n'avaient jamais touch? nos c?tes."
"Elle dit et pressant de ses l?vres la couche : "Je mourrai sans vengeance, mais mourons. Il me pla?t d'aller ainsi chez les Ombres. Que de la haute mer, les flammes de mon b?cher ?puisent les regards du cruel Dardanien et qu'il emporte avec lui le mauvais pr?sage de ma mort." Elle parlait encore lorsque ses compagnes voient la malheureuse tomber sous le fer, le sang ?cumer sur l'?p?e et se r?pandre sur ses mains. Une clameur s'?l?ve sous les plafonds du palais ; la Renomm?e semblable ? une Bacchante se d?cha?ne dans la ville effar?e. Les maisons r?sonnent des lamentations, des g?missements et du cri per?ant des femmes. L'air retentit d'immenses clameurs comme si les ennemis dans une violente charge, envahissaient tout Carthage et l'antique Tyr et que les flammes furieuses d?ferlent sur les toits des hommes et des dieux."
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