Date : approx. between 1792 and 1750 B.C.
Dimensions : 2,25 m high Material : Basalt Acquisition : Fouilles J. de Morgan (1902) Ière dynastie babylonienne (Amorrite)
| Item 1 on 34 Oriental Antiquities Sculpture (Stèle)
Area related Suse (Elam)
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Le règne du roi de Babylone Hammourabi, entre 1792 à 1750 avant Jésus-Christ, sera l'un des plus long de l'antiquité du Proche-Orient. Il marquera l'apogée de l'histoire de Babylone.
Sixième roi d'une dynastie sémitique d'origine nomade installée, Hammourabi entretenait des relations militaires et diplomatiques avec les souverains d'Assyrie, de Larsa, de Mari. Sa correspondance nous a livré de nombreux détails sur cette période. La stèle qui porte son nom, érigée à la fin du règne, retranscrit le code le plus complet de l'antiquité, même s'il n'est pas le plus ancien.
Le droit s'émancipe de l'influence sumérienne et donne naissance à une conception sémitique de la Justice qui sera en partie reprise par la Bible. La loi du Talion apparaît ainsi pour la première fois. La stèle érigée à Babylone sera retrouvée à Suse (Iran) en 1901-1902 par la mission Morgan. Elle avait été rapportée au titre de butin de guerre vers 1200 avant Jésus-Christ.
Le haut de la stèle est orné d'un bas-relief représentant les principales divinités, dont Shamash, ainsi qu'Hammourabi, une main levée en signe de dévotion. Le code est gravé en caractères cunéiformes dans des cases disposées en colonne autour de la stèle. Elles se lisent de droite à gauche. La graphie est cunéiforme. La langue babylonienne est d'une richesses exceptionnelle.
La première partie du code commence par le récit de l'accession au trône sous la protection des dieux. Il se poursuit par un résumé de l'histoire du règne de Hammourabi, présenté comme un prince pieux et soucieux du bien-être de ses sujets. Le seconde partie du code, la plus importante, contient les 282 articles qui énoncent chacun un problème et apportent une réponse. Le code est divisé en chapitres qui recouvrent un thème de la législation. On y traite notamment le vol, le faux témoignage, l'administration des propriétés royales, le droit du travail agricole et de l'artisanat, la location et l'entretien des locaux d'habitation, le commerce, le prêt à intérêt, l'exploitation et le partage des capitaux, les dépôts et les gages.
Le droit de la famille (mariage, divorce, enfants, adoption, héritage) tient une place importante. Les chapitres suivants décrivent les sanctions pour coups et blessures, les conditions d'exercice de certaines professions, l'esclavage pour dettes et le traitement des prisonniers de guerre.
La société babylonienne était constituée de notables, du petit peuple et des esclaves. Le droit, qui prend en compte le rang social des individus, veille à ce que "le fort n'opprime pas le faible". Les articles sont écrits dans une langage simple et aisément compréhensible. La dernière partie du texte présente le roi comme un protecteur des "opprimés". Il appelle ses successeurs à suivre son exemple pour que la paix et l'ordre soient maintenus. Le texte se termine par des malédictions destinées aux éventuels profanateurs de la stèle.
Les articles ne constituent pas un code juridique au sens actuel. Aucun pouvoir juridique chargé de l'application du droit n'apparaît. La justice mésopotamienne était une prérogative royale. Le code est un recueil de jurisprudence et un testament politique pour les successeurs. La stèle servira de modèle littéraire aux scribes qui la recopieront pendant plus d'un millénaire.
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