Date : 1637
Dimensions : 2,65 m x 2,52 m Material : Oil on canvas Acquisition : Saisie révolutionnaire (1794)
| Item 9 on 17 Italian Painting Painting (Thème historique)
Area related France
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 | Description |  |
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Le sujet, raconté notamment par Plutarque, Tite-Live et Valère Maxime, nous rappelle l'histoire du général romain Camille punissant le maître d'école de la ville étrusque de Faléries, qui lui avait amené ses écoliers en otage. Poussin avait déjà traité ce sujet vers 1634-1635 (The Norton Simon Foundation de Pasadena).
Ce tableau appartient à une série commandée en 1643 par Louis Phélypeaux, seigneur de la Vrillière, pour la galerie dorée de son hôtel, actuelle banque de France. L'ensemble comprenait les oeuvres suivantes :
- L'enlèvement d'Hélène par Guido Reni (Louvre)
- Romulus et Remus recueillis par Faustulus par Pierre de Cortone (Louvre)
- Les Romains et les Sabins par Guerchin (Louvre)
- Camille livre le maître d'école de Faléries à ses écoliers par Poussin (Louvre)
- La mort de Cléopâtre par Turchi (Louvre)
- César et Cléopâtre par Pierre de Cortone (musée de Lyon)
- Auguste et la sibylle par Pierre de Cortone (musée de Nancy)
- La paix d'Auguste par Carlo Maratta (musée de Lille)
- Caton d'Utique par Guerchin (musée de Marseille)
- Coriolan fléchi par les prières de sa mère par Guerchin (musée de Caen)
Il existe de nombreux dessins préparatoires conservés au musée des Offices de Florence, au British Museum de Londres, à la Royal Library de Windsor Castle de Londres.
Histoire Romaine de Tite Live - Livre V : Les événements des années 403 à 396 avant Jésus-Christ
Le maîre d'école de Faléries
V, 27
1 - C'était la coutume des Falisques de charger un même maître de l'instruction et de la garde de leurs fils; plusieurs enfants à la fois, usage qui subsiste en Grèce aujourd'hui encore, étaient confiés aux soins d'un seul homme. Les fils des principaux citoyens, comme presque partout, suivaient les leçons du plus savant et du plus renommé. 2 - Cet homme, pendant la paix, avait coutume de conduire les enfants hors de la ville pour leurs jeux et leurs exercices. Comme la guerre ne l'avait pas fait renoncer à cette habitude, il les emmenait à des distances plus ou moins rapprochées des portes de la ville, en variant leurs jeux et ses entretiens; et, un jour qu il s'était avancé plus que d'ordinaire, trouvant l'occasion propice, il poussa jusqu'aux postes et au camp des Romains, et les conduisit droit à la tente de Camille. 3 - Là, ajoutant à son action infâme un langage plus infâme encore, il dit : 4 - "Qu'il remettait Faléries au pouvoir des Romains, en leur livrant les fils des premiers personnages de la ville." 5 - À peine Camille eut-il entendu ces paroles : "Tu ne trouveras ici, dit-il, ni un peuple ni un général qui te ressemble, infâme qui viens avec un infâme présent. 6 - Nous ne tenons aux Falisques par aucun de ces liens qu'établissent les conventions des hommes; mais ceux qu'impose la nature sont et seront toujours entre eux et nous. La guerre comme la paix a ses lois, et nous avons appris à les soutenir aussi bien par l'équité que par la vaillance. 7 - Nous avons des armes, mais ce n'est point contre cet âge qu'on épargne même dans les villes prises d'assaut; c'est contre des hommes armés comme nous, et qui, sans être insultés ni provoqués par nous, ont attaqué à Véies le camp romain. 8 - Ceux-là, toi, autant qu'il a été en ton pouvoir, tu les as vaincus par un crime jusqu'ici inconnu; et moi je les vaincrai comme j'ai vaincu Véies, par le courage, le travail et les armes, comme il convient à un Romain." 9 - Cela dit, il le dépouille, lui attache les mains derrière le dos, et le fait reconduire à Faléries par ses élèves : il leur avait donné des verges pour en frapper le traître, en le chassant devant eux dans la ville. 10 - À ce spectacle, le peuple étant accouru, et ensuite le sénat ayant été invité par les magistrats à délibérer sur cette étrange affaire, il s'opéra un tel changement dans les esprits, que cette cité, qui naguère, emportée par la haine et la rage, aurait préféré presque la ruine de Véies à la paix de Capènes, appelait la paix d'une voix unanime. 11 - Au forum, au sénat, on ne parle que de la foi romaine, de l'équité du général, et, d'un commun accord, on envoie des députés à Camille dans son camp, et de là, avec l'autorisation de Camille, à Rome, pour offrir au sénat la reddition de Faléries. 12 - Introduits dans le sénat, ils parlèrent, dit-on, en ces termes : "Pères conscrits, c'est par une victoire à laquelle pas un dieu, pas un homme n'oserait porter envie, que vous nous avez vaincus, vous et votre général; nous nous rendons à vous, avec l'assurance ce qui est le plus glorieux éloge pour un vainqueur - de vivre plus heureux sous votre empire que sous nos lois. 13 - Par l'événement de cette guerre, deux salutaires exemples sont offerts au genre humain. Vous, vous avez préféré la loyauté dans la guerre à une victoire certaine; nous, provoqués par votre loyauté, nous vous avons de nous-mêmes déféré la victoire. 14 - Nous sommes à vos ordres. Envoyez prendre les armes, les otages, et la ville même, dont les portes vous sont ouvertes. Vous n'aurez pas plus à vous plaindre de notre fidélité que nous de votre empire." 15 - Des actions de grâces furent adressées à Camille, et par l'ennemi et par ses concitoyens. Afin de décharger du tribut le peuple romain, on imposa aux Falisques le paiement de la solde militaire de cette année. La paix faite, l'armée fut ramenée à Rome.
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