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La Joconde
La Joconde
Relationship with : François Ier

Date : between 1506 and 1509

Dimensions : 53 cm x 77 cm
Material : Oil painting on wood
Acquisition : Achat par François Ier, vraisemblablement après la mort de l'artiste (1519)
Louvre Museum
Salvator Rosa
Denon Wing - First floor - Section 13
Monna Lisa (1479-1528)
Item 1 on 6
Italian Painting
Painting (Portrait)

Area related
Florence (Italy)



Description   

Né en 1452 dans le petit village toscan de Vinci, Leonardo da Vinci est né des amours illégitimes du notaire des lieux avec l'une de ses servantes, Catarina Vacca. Tantôt décrit comme un colosse capable de tordre un fer à cheval dans ses mains, souvent qualifié d'efféminé et rêveur, le jeune adolescent manifestera des dons artistiques très précocement. Il sera admis dans l'atelier du peintre et sculpteur florentin Andrea Verrocchio (1435-1488), à l'âge de quatorze ans, où il côtoiera notamment Sandro Botticelli ou Pérugin. Les treize années de formation intégreront l'apprentissage des mathématiques, de la perspective, de la géométrie et de toutes les sciences d'observation et d'étude du milieu naturel. L'élève s'initiera également à l'architecture et à la sculpture.

La carrière de peintre débutera par des portraits et des tableaux religieux commandés passées par des notables et des monastères de Florence. Protégé par Laurent de Médicis le Magnifique, le peintre connaîtra rapidement la gloire. Son mécène l'enverra servir le duc Sforza, à Milan, en 1482. Léonard lui proposera le large éventail de ses compétences, dans une lettre où il écrira : "Je peux construire des ponts très légers, solides, robustes, facilement transportables, pour poursuivre et, quelquefois fuir l'ennemi [...] J'ai également des moyens pour faire des bombardes, très commodes et faciles à transporter, qui lancent de la pierraille presque comme la tempête, terrorisant l'ennemi par leur fumée [...] En temps de paix, je crois pouvoir donner aussi entière satisfaction que quiconque, soit en architecture, pour la construction d'édifices publics et privés, soit pour conduire l'eau d'un endroit à un autre".

Les villes de Pise et de Venise, les souverains de Mantoue, la famille d'Este et le roi de France, François Ier, manifesteront leurs souhaits de s'attacher les services du génie. Ce dernier n'aura de cesse d'étudier les phénomènes naturels qui alimenteront sa connaissance de l'anatomie : "D'où vient l'urine ? D'où vient le lait ? Comment la nourriture se distribue dans les veines ? D'où vient l'ébriété ? D'où le vomissement ? D'où viennent les larmes ?" La Vierge aux rochers (Musée du Louvre), commencée en 1483, la Cène (couvent Sainte-Marie-des-Grâces Milan), exécutée en 1493, la Bataille d'Anghiari, tableau ruiné par des innovations picturales hasardeuses dont il obtiendra la commande en 1503, après une lutte acharnée avec Michel-Ange, témoignent de l'apport des connaissances scientifiques et technologiques dans l'exécution des tableaux.

La Joconde

Semblant prédire le succès de ce portrait, l'artiste écrira : "Ne vois-tu pas que parmi les beautés humaines, c'est le beau visage qui arrête les passants, et non les ornements riches...".

Peinte sur un mince support en bois de peuplier, la Joconde est considérée comme le chef d'oeuvre de Léonard de Vinci. Les effets subtils de la lumière sur les chairs, et la qualité du paysage situé à l'arrière-plan, mettent en valeur le modelé du visage étonnamment réaliste. Le peintre préparera son panneau avec plusieurs couches d'enduits, dessinera son motif, puis entreprendra le travail de peinture à l'huile, additionnée d'essence très diluée, en superposant d'innombrables couches de couleurs transparentes qui lui permettront d'affiné constamment le modelé. Ces glacis contribueront à la mise en valeur des effets d'ombre et de lumière sur une imitation parfaite des chairs du visage, selon une technique baptisée "sfumato" par l'artiste.

Le premier biographe de Léonard de Vinci, le peintre Vasari insistera surtout sur le réalisme de la Joconde : "Ses yeux limpides avaient l'éclat de la vie : cernés de nuances rougeâtres et plombées, ils étaient bordés de cils dont le rendu suppose la plus grande délicatesse. Les sourcils avec leur implantation par endroits plus épaisse ou plus rare suivant la disposition des pores, ne pouvaient être plus vrais. Le nez, aux ravissantes narines roses et délicates, était la vie même. [...] Au creux de la gorge, le spectateur attentif saisissait le battement des veines." D'autre part, grâce au "sfumato", Léonard peut atteindre un de ses objectifs artistiques prioritaires, en s'intéressant en priorité à la personnalité de son modèle : "Le bon peintre a essentiellement deux choses à représenter : le personnage et l'état de son esprit", disait Léonard. Peindre l'âme plutôt que le physique est en effet la finalité ultime de son oeuvre et le "sfumato", éclairage du portrait par le clair-obscur, accentue de fait les mystères d'une oeuvre : "plonger les choses dans la lumière, c'est les plonger dans l'infini".

Le premier témoignage concernant le modèle de la Joconde, daté des dernières années de la vie de Léonard, évoque le portrait "d'une certaine dame florentine faite d'après nature sur demande du magnifique Giuliano de Médicis". Vasari nous apprendra que de Mona Lisa était la femme d'un gentilhomme florentin, Francesco del Giocondo, riche bourgeois exerçant des responsabilités politiques dans sa ville. Lisa Gherardini, née en 1479, épousera del Giocondo en 1495. Un dernier texte, daté de 1625, fait référence au "portrait en demi-figure d'une certaine Gioconda", qui donnera définitivement son titre français au tableau.

Le portrait commencé durant le séjour du peintre à Florence entre 1503 et 1506, sera emporté par Léonard de Vinci lors de sa venue à la cour de François Ier. Il semble y avoir été retravaillé durant son séjour en France. Acquis par François Ier, soit directement auprès de Léonard de Vinci, soit à sa mort, auprès de ses héritiers, le tableau séjournera dans les collections royales jusqu'à la création du Museum Central des Arts au Louvre en 1793. Il sera conservé à Versailles sous Louis XIV et aux Tuileries durant le Premier Empire. Il intègrera le Louvre sous la Restauration.

Le 21 août 1911, un peintre italien du nom de Vincenzo Peruggia dérobera la Joconde afin de la restituer à son pays d'origine. La longue enquête policière, relayée par la presse du monde entier, envisagera toutes les pistes et interrogera tout le monde, y compris les peintres cubistes et le poète Guillaume Apollinaire, qui avait un jour crié qu'il fallait "brûler le Louvre". Mona Lisa sera retrouvée en Italie presque deux années plus tard.

Exposée aux Etats-Unis, en 1963, et au Japon, en 1974, la Joconde est aujourd'hui l'oeuvre la plus célèbre et la plus reproduite au monde.

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