Date : between 745 and 749
Dimensions : 15 m high UNESCO World Heritage Site (Définitif) : 1998
| Buddha Vairocana Item 6 on 6 Outdoor Architecture Sculpture (Statue)
Area related Nara (Japon)
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 | Description |  |
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Les objets précieux de l'Empereur Shômu conservés au Shôsô-in, le "Trésor" du Tôdai-ji, évoquent les splendeurs de l'époque de Nara. Le règne de cet empereur sera agité sur le plan politique et social. Luttes pour le pouvoir, rébellions, épidémies de variole, se succéderont pendant plus de dix ans, poussant Shômu à réaffirmer sa foi dans le bouddhisme, seul moyen selon lui de remédier à tous ces troubles et de pacifier le pays.
Obligé de changer plusieurs fois de capitale à partir de 740, du fait de l'instabilité politique, l'Empereur, par un édit de 741, instituera à l'échelle nationale le système de monastères connu sous le nom de Kokubun-ji, marquant ainsi sa volonté de créer dans chaque province des lieux de culte où l'on prierait pour la paix de la nation et le bonheur du peuple.
Un autre édit, en 743, proclamera son intention d'ériger une statue monumentale du Bouddha Vairocana. Shômu dépassera de loin sa première intention. Se référant au sûtra Avatamsaka (Kegon-kyô), il exprimera clairement son désir d'étendre la paix à l'univers entier, dans un climat de parfaite harmonie libre de tout obstacle, "incluant dans sa prospérité même les animaux et les plantes". Il prouvera ainsi sa profonde compréhension de ce texte fondamental du bouddhisme.
Les travaux de construction du Grand Bouddha débuteront dans l'enceinte du temple Kinshô-ji (l'ancêtre du Tôdai-ji) en 745, une fois la capitale retransférée à Heijô (Nara). La statue de bronze, qui nécessitera huit coulages successifs en trois ans, sera terminée en 749. Le Daibutsu-den, achevé à son tour en 751, sera consacré en grande pompe durant le quatrième mois de 752. Parmi tous ceux qui collaboreront à cette gigantesque entreprise, il faut citer Rôben (689-773), le premier Supérieur du temple, et le moine Gyôki (668-749), qui collectera des dons auprès de la population.
Dès le début de l'époque de Heian, des fissures feront leur apparition dans le dos du Grand Bouddha. Il faudra par ailleurs étayer la statue à l'aide de monticules de terre pour corriger son inclinaison vers l'arrière. La tête du Bouddha tombera au cours d'un violent tremblement de terre, en 855. Elle sera restaurée et remise en place. Le Daibutsu-den et les autres édifices du temple seront périodiquement être réparés à la suite d'incendies ou de catastrophes naturelles. Pour réunir les fonds nécessaires à ces travaux et aussi à l'étude de la doctrine bouddhique, le Tôdai-ji gérait des domaines privés (shô-en) dans toutes les provinces. En 1180, à la suite d'un conflit survenu entre le Tôdai-ji et le puissant clan des Taira à propos de ces domaines, les troupes de Taira no Shigehira mettra le feu au monastère, dont la majeure partie sera réduite en cendres.
C'est le moine Chôgen qui contribuera le plus activement à la reconstruction du Tôdai-ji. Chargé dès 1181 de collecter des fonds pour les travaux, il consacrera les vingt années qui suivront à cette entreprise de restauration, obtenant l'aide financière de l'Empereur retiré Go-Shirakawa et du shôgun Minamoto no Yoritomo. Chôgen, louant les services d'un fondeur chinois, Chen He Qing, fera réparer en premier lieu la tête et la main gauche du Grand Bouddha, qui sera reconsacré dès 1185. Chôgen s'attellera ensuite à la reconstruction du bâtiment. Les travaux, d'abord retardés par des difficultés à se procurer le bois de construction, progresseront ensuite rapidement quand ce problème sera réglé. La cérémonie d'inauguration du Daibutsu-den aura lieu en 1195.
Le temple, une fois les autres édifices reconstruits, connaîtra une grande prospérité durant l'époque de Kamakura. , Le Tôdai-ji perdra ensuite de sa splendeur à l'époque de Muromachi. Un incendie provoqué par les clans Miyoshi et Matsunaga, en 1567, précipitera son déclin: le Daibutsu-den, le Kaidan in, ainsi que d'autres bâtiments, seront dévorés par les flammes. La statue du Grand Bouddha, insuffisamment restaurée, restera exposée aux intempéries pendant près d'un siècle. C'est le moine Kôkei qui décida de procéder à sa réfection. La refonte de la tête et de dix huit des pétales de lotus du piédestal sera entreprise à partir de 1686. Le Grand Bouddha sera de nouveau consacré en 1692. Simultanément, le Daibutsu-den sera reconstruit à une échelle plus réduite que le bâtiment des époques Nara et Kamakura, du fait de contraintes économiques. Le pavillon actuel, inauguré en grande pompe en 1709, est 40% moins large que celui d'origine.
Cette construction en bois, la plus grande du monde, ne subira aucun désastre majeur jusqu'au début de notre siècle. Son état précaire justifiera d'importantes rénovations qui seront entreprises à partir de 1906. On démonta l'ensemble de la structure qui sera renforcée par une armature d'acier, avant d'être remontée en 1912. Certains défauts non résolus au niveau du toit, entraîneront des infiltrations d'eau de pluie à l'intérieur du pavillon. Une grande restauration, entreprise en 1973, prendra fin en 1980.
Bouddha Vairocana
Le nom exact du Daibutsu est "Bouddha Vairocana" : "Celui qui éclaire l'univers de la lumière de sa sagesse et de sa compassion". L'univers de Vairocana est dépeint comme un monde de magnificence, de justice, de grandeur, embelli par les actes de vertu des bodhisattvas , le chant des oiseaux, la couleur des fleurs, l'écoulement des eaux, la forme des nuages, font partie intégrante des enseignements de Vairocana, destinés à sauver tous les êtres vivants.
Les pétales de lotus qui entourent le socle du Grand Bouddha, gravés de fins motifs sur le thème du Rengezô sekai ("l'Univers ayant le Lotus pour Matrice"), représentent le "monde de l'illumination" tel qu'il est dépeint dans le sûtra. Ils expriment avec grâce l'idée que chaque individu n'est pas un être isolé: toutes choses possèdent entre elles des rapports qui se multiplient à l'infini, et sont enveloppées dans le rayonnement du Bouddha Vairocana
Le Bouddha, personnage dont l'historicité n'est pas mise en doute, est un chef spirituel du VIème siècle avant notre ère qui aurait vécu environ quatre-vingt ans. La tradition pali la plus ancienne considère que les dates de sa naissance et de sa mort sont respectivement de 624 et 544 avant Jésus-Christ.
Les récits de la vie du Bouddha, perpétués par la tradition orale, ne seront rédigés que quelques centaines d'années après sa mort. Les écritures bouddhistes mélangent métaphysique et légendes concernant la vie du Bouddha. Certains épisodes, tel celui où il apaise un éléphant furieux que son cousin Devadatta aurait lâché sur lui pour le tuer et le remplacer à la tête de la communauté des moines, peuvent être acceptables pour le lecteur matérialiste, d'autres, tels ses conversations avec les dieux ou sa téléportation instantanée au Sri Lanka, ne les sont pas.
Dépouillée de ses aspects métaphysiques ou magiques, sa vie pourrait se résumer ainsi :
Mayadevi, épouse de Suddhodana, modeste souverain du petit royaume de
Kosala constitué par une confédération des tribus Sakyas, sera prise de douleurs à la fin de sa grossesse, alors qu'elle rendait visite à sa mère, à Lumbini, petit village du Népal, au VIème siècle avant Jésus-Christ. Elle s'allongera sous un arbre et accouchera d'un garçon du nom de Siddhârta Gautama (en pali Siddhattha Gotama).
La légende du récit de sa naissance indique qu'il serait né dans un bois sacré non loin, à Lumbini, au Népal, pendant un déplacement de sa mère auprès de ses parents. Cette dernière, dont le nom signifie "illusion", aurait conçu Siddhârta en songe, pénétrée au sein par un éléphant blanc à six défenses. Elle aurait accouché sur la route qui la conduisait chez ses parents, debout et accrochée à une branche d'arbre, tandis que les divinités brahmaniques faisaient pleuvoir des pétales de fleurs sur elle. Sitôt né, l'enfant se serait mis debout et aurait "pris possession" de l'Univers en se tournant vers les points cardinaux, puis aurait fait sept pas vers le nord.
Le titre de Bouddha (en sanskrit buddha = éveillé) lui sera accordé plus tard par ses disciples. Il est également connu comme le Tathagata, "celui qui est venu ainsi" prêcher la bonne Loi (ou dharma, en pali dhamma).
Ce dernier, qui apprendra les lettres, les sciences, les langues, sera initié à la philosophie hindoue par un brahmane. Un officier lui apprendra à monter à cheval, à tirer à l'arc, à combattre avec la lance, le sabre et l'épée. Les soirées seront consacrées à la musique et, parfois, à la danse.
La légende raconte que son père fera venir les huit voyants les plus célèbres des quatre coins de son royaume. Les sept premiers prédiront un avenir brillant au jeune homme qui devait succéder à son père, le dernier qu'il quittera le royaume. Le roi fera enfermé ce dernier.
Le prince tombera amoureux et épousera Yashodara à l'âge de vingt ans, sa cousine germaine et fille d'un seigneur du voisinage. Les nouveaux époux emménageront dans trois petits palais : un de bois de cèdre pour l'hiver, un de marbre pour l'été et un de briques pour la saison des pluies. Il donneront naissance à un garçon, dix ans plus tard, qui sera nommé Rahula. Toutes les traditions concordent sur le fait qu'il est contemporain des deux rois du Magadha, Bimbisara et son fils.
Siddhârta, qui s'ennuie, entreprend souvent de longues promenades. Il rencontrera successivement - un vieillard qui marche avec peine,
- un pestiféré couvert de bubons purulents,
- une famille en larmes qui transporte le cadavre d'un des siens vers le bûcher,
- un biksou, un moine mendiant qui, un bol à la main, quête sa nourriture, sans cesser de garder les yeux baissés.
Le prince comprendra alors que, si sa condition le met à l'abri du besoin, rien ne le protègera jamais de la vieillesse, de la maladie et de la mort. Il s'éveillera un nuit en sursaut, et demandera à son serviteur, Chandaka, de harnacher son cheval. Les deux hommes galoperont jusqu'à un bois proche du palais. Siddhârta, qui abandonnera à son serviteur son manteau, ses bijoux et son cheval, lui demandera de saluer son père, sa femme et sa belle-mère et de leur dire qu'il les quittait pour étudier la voie du salut. Le prince abandonnera ses vêtements de soie qu'il échangera avec la tenue d'un pauvre chasseur.
Bouddha entreprendra une vie d'ascèse et se consacrera à des pratiques méditatives austères. Six ans plus tard, alors qu'il se trouve dans le village de Bodh-Gayâ, il abandonnera ces pratiques qui ne l'ont pas mené à une plus grande compréhension du monde, et acceptera des mains d'une jeune fille du village, Sujata, un bol de riz au lait, mettant ainsi fin à ses mortifications. Il se concentrera dès lors sur la méditation et la voie moyenne, celle qui consiste à nier les excès, en refusant le laxisme comme l'austérité excessive. Les cinq disciples qui le suivaient l'abandonneront, jugeant cette décision comme une trahison de sa part.
Siddhârta Gautama prendra alors place sous un pippal (Ficus religiosa) et fera le voeu de ne pas bouger avant d'avoir atteint la Vérité. Plusieurs légendes racontent comment Mâra, démon de la mort, effrayé du pouvoir que le Bouddha allait obtenir contre lui en délivrant les hommes de la peur de mourir, tentera de le sortir de sa méditation en lançant contre lui des hordes de démons effrayants et ses filles séductrices. C'est dans la posture de prise de la terre à témoin de ses mérites passés que Bouddha accèdera à l'éveil. Il affirmera être parvenu à la compréhension totale de la nature et des causes de la souffrance humaine et des étapes nécessaires à son élimination. Cet illumination, possible pour tous les êtres, s'appelle la bodhi.
Le Bouddha insistera sur le fait qu'il n'était ni un dieu, ni le messager d'un dieu et que l'illumination n'était pas le résultat d'un processus ou d'un agent surnaturel, mais plutôt le résultat d'une attention particulière à la nature de l'esprit humain, qui pouvait être découverte par n'importe qui.
Bouddha voyagera, durant les quarante-cinq dernières années de sa vie, dans la région du Gange et de ses affluents. Il enseignera sa pratique en matière de méditation et fondera la communauté des moines et des nonnes bouddhistes (le sangha) pour perpétuer ses enseignements après sa disparition.
Bouddha, sentant sa mort venir, demandera à son disciple à Ananda de lui préparer un lit entre deux arbres sala (Shorea robusta). Il décédera ainsi à Kusinara (Kusinagar en Inde, dans l'actuel Uttar Pradesh) à l'âge de quatre-vingt ans. Le forgeron Chunda lui offrira son dernier repas, un sūkaramaddavam. La traduction correcte de ce terme est inconnue. Sukara signifie porc et maddavam quelque chose comme délice. Ce repas pourrait être à l'origine de sa mort. Le végétarisme est un idéal pour les bouddhistes. Les moines et les nonnes sont encouragés à accepter toutes les offres de nourriture qui leur sont faites, à moins qu'ils ne suspectent qu'un animal a été spécialement tué pour les alimenter.
Les derniers mots du Bouddha seront : "L'impermanence est la loi universelle. Travaillez à votre propre salut".
Les écritures bouddhistes qui évoquent la vie et le caractère de Bouddha, parlent de
- son éducation achevée et sa formation dans les domaines appropriés à un guerrier aristocrate, tels que les arts martiaux, la gestion des domaines agricoles, et la littérature, mais également une compréhension profonde des idées religieuses et philosophiques de sa culture et de son temps. Siddhârta Gautama était un homme sportif, compétent en arts martiaux tels que la lutte et le tir à l'arc, qui pouvait parcourir des kilomètres et camper dans la nature sauvage. - son enseignant idéal, qui trouve toujours la métaphore appropriée, et qui adapte à la perfection son message à son auditoire, quel qu'il soit.
- son courage et sa sérénité en toutes circonstances, aussi bien lors d'une discussion religieuse, que face à un prince parricide, ou à un meurtrier. Il fait cependant preuve d'exaspération lorsque des moines déforment ses enseignements ;
- sa modération dans tous les appétits corporels. Il connaîtra le célibat de l'âge de vingt-neuf ans jusqu'à sa mort. Il sera également indifférent à la faim et aux rigueurs du climat.
Lorsque la contre-réforme hindouiste parviendra à éliminer le bouddhisme de la terre indienne, vers le XIIème siècle, les brahmanes parachèveront la reprise en main en faisant du Bouddha le dixième avatar de Vishnou.
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