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La reconquête du pays est suivie de sa réorganisation. Les structures administratives mises en place par les Hyksôs, qui avaient prouvé leur efficacité, semblent avoir été partiellement reprises.
XVIIIème dynastie thébaine
Période allant d'environ de 1570 à 1320 avant Jésus-Christ
La XVIIIème dynastie compte parmi les mieux connues et les plus grandioses de l'Egypte ancienne. Les Ahmosides donneront naissance à une lignée de souverains (quatre Thoutmosis et trois Aménophis, sans oublier la célèbre Hatchepsout) qui marqueront l'histoire. La reconquête du pays est suivie de sa réorganisation. Les structures administratives mises en place par les Hyksôs, qui avaient prouvé leur efficacité, semblent avoir été partiellement reprises.
Libérée et réunifiée, l'Egypte part à la conquête des pays ennemis qui l'entourent afin de couper court à tout risque de menaces extérieures. Les campagnes d'expansion et d'appropriation vont assurer plusieurs décennies de prospérité. L'ouverture sur le Proche-Orient entraîne la reprise de l'importation de matières premières, notamment l'argent et l'or d'Asie et de Nubie, le lapis-lazuli d'Asie centrale, la turquoise du Sinaï. Des alliances avec des souverains vassaux permettent d'étendre l'influence du Nouvel Empire jusqu'aux rives de l'Euphrate.
Thèbes, ville dans laquelle se déversent les butins rapportés et le produits des nombreux échanges commerciaux, accumule les richesses. Memphis en profite également. Les temples, monuments et statues colossales sortent de terre. L'élévation du niveau de vie entraîne le recrutement de mercenaires étrangers qui viennent renforcer l'armée égyptienne et participent à la colonisation des terres conquises. Le clergé d'Amon, le dieu thébain, devient une puissance à part entière qui étend son pouvoir à l'administration de la ville.
Nebpehti Rê Ahmès
Nom grec : Ahmôsis
Période de règne approximative : 1570 à 1546 avant Jésus-Christ
L'heure de la reconquête a sonné. Elle sera l'oeuvre d'Ahmosis et s'échelonne sur plusieurs années dans le Delta, conduisant successivement à la prise de Memphis puis d'Avaris. La domination hyksôs ne sera réellement anéantie que lorsque les troupes égyptiennes s'empareront de la place forte de Charouhen, base arrière des Hyksôs dans le Sud-Ouest palestinien. Le Nord du pays libéré, Ahmosis part à la conquête de la Nubie afin d'achever l'oeuvre de réunification du pays. Il laissera à son fils Aménophis Ier, à l'issue d'un règne de 25 années, un pays libéré ayant retrouvé les frontières qui étaient les siennes à la fin du Moyen Empire.
Ahmès-Néfertary
A la mort d'Ahmosis, son épouse Ahmès-Néfertary assure la régence pour son fils, Aménophis Ier.
Djeserka Rê Amenhotep
Nom grec : Aménophis Ier
Période de règne approximative : 1546 à 1526 avant Jésus-Christ
Le règne de ce dernier, qui durera 21 ans, sera épargné de conflits militaires. Mitanni commence cependant à contester la présence égyptienne à proximité de l'Euphrate. L ‘Egypte connaît une période prospère même si cette période ne laisse derrière elle que peu de monuments. La tombe d'Aménophis Ier, qui n'a pas été localisée, se trouve peut être à Dra Abou'l-Naga. Le souverain est le premier à séparer sa sépulture du temple funéraire. Cette initiative sera reprise par ses successeurs qui construiront sur la rive occidentale de Thèbes leur "Demeure des Millions d'Années". Son successeur Thoutmosis Ier inaugurera la nécropole de la Vallée des Rois. Aménophis Ier disparaîtra sans laisser d'héritier direct. Son fils Amenemhat est mort avant lui.
Aakhéperka Rê Thoutmès
Nom grec : Thoutmosis Ier
Période de règne approximative : 1525 à 1512 avant Jésus-Christ
La succession revient à Thoutmosis Ier, descendant d'une branche collatérale. Thoutmosis Ier est très certainement le fils qu'Aménophis Ier a engendré avec l'une de ses concubines, Seneneb. Il hérite du trône par son mariage avec la princesse héréditaire Ahmès, sa demi-soeur. Il mène une campagne dans le Sud et terrasse une révolte nubienne en l'an 2 de son règne. La Nubie est divisée en cinq principautés dont le gouvernement est confié à des nubiens soumis. Il fait campagne dans le pays de Kouch, au-delà de la quatrième cataracte qui constituait la frontière du pays. De retour, il fait dégager le canal Sehel.
Ses campagnes militaires dans le Nord du pays le conduisent en Syrie, dans le Retenou, et en pays de Canaan. Il poursuit jusqu'à la rive Ouest de l'Euphrate dans le pays de Naharina. Il fera creuser sa tombe dans la Vallée des Rois. Elle porte aujourd'hui le numéro 38. Sa momie sera découverte dans la cachette de Deir el-Bahari. Thoutmosis Ier compte parmi les pharaons qui ont entrepris de nombreux travaux d'agrandissement et d'embellissement à Karnak. Le temple primitif sera entouré d'un péristyle dans lequel il déposera des statues du roi représenté en Osiris. Les 4ème et 5ème pylônes sont également contemporains de sa période de règne ainsi que les deux obélisques de granit rose devant le 4ème pylône.
Aakhéperen Rê Thoutmès
Nom grec : Thoutmosis II
Période de règne approximative : 1512 à 1504 avant Jésus-Christ
Le couple formé par Thoutmosis Ier et Ahmès donnera naissance à une fille, Hatchepsout, et un garçon, Aménémès, qui ne régnera pas. Hatchepsout épouse son demi-frère, né d'une relation entre Thoutmosis Ier et sa concubine, qui monte sur le trône sous le nom de Thoutmosis II. Ce pharaon poursuit l'oeuvre de son père et maintien la domination égyptienne dans la région en prenant la tête de deux campagnes militaires, l'une en Nubie, l'autre en Palestine. Il disparaît prématurément. Thoutmosis II et Hatchepsout n'auront pas d'héritiers mâles mais une fille, Néférou Rê. Le roi aura par ailleurs un fils d'une épouse secondaire, Thoutmosis III qui épousera sa demi-soeur Néférou Rê.
Maka Rê Hatschepsout
Période de règne approximative : 1503 à 1482 avant Jésus-Christ
Thoutmosis III est trop jeune pour succéder à son père. Hatchepsout épouse alors son énergique et ambitieux neveu et exerce la régence avant de se faire couronner et prendre la titulature de pharaon. Thoutmosis III n'assumera qu'un rôle de corégent dépourvu de pouvoirs. La nouvelle reine justifie cette usurpation en mettant entre parenthèses le règne de son époux, Thoutmosis II, et en s'inventant une corégence avec son père Thoutmosis Ier. Ce " texte de la jeunesse d'Hatchepsout " se trouve dans le temple funéraire qu'elle se fera construire à Deir el-Bahari.
La reine s'entoure d'une poignée de hauts dignitaires compétents et dévoués parmi lesquels son architecte et intendant Senenmout qui sera chargé de l'éducation de sa fille Neferure. On compte, dans son entourage, Pouym Rê, deuxième prophète d'Amon et grand architecte également, Nehesy, chancelier qui prendra la tête de l'expédition commerciale en direction du pays du Pount, et Hapouseneb, son vizir et grand prêtre d'Amon qui supervisera l'essentiel des grands travaux et des expéditions. L'Egypte connaît une période de grande prospérité marquée par une activité commerciale intense en direction de l'Asie, du Sinaï et du Pount. Les frontières s'étendent alors des cataractes supérieures du Nil en Nubie jusqu'à l'Euphrate en Asie.
L'expédition en direction du pays du Pount, "pays de dieu" à l'intérieur de la Mer Rouge à proximité l'Éthiopie actuelle, revêt un caractère essentiellement commercial. Le pays regorge de parfums et d'huiles de sycomore, d'ébène et de bois aromatiques, d'or, d'ivoire, de fourrures et d'animaux. Le trésor rapporté ira enrichir celui de Karnak où elle fera construire le Saint des Saints, la Chapelle Rouge et deux obélisques "doigts des dieux" dont l'un est encore dressé. Les vestiges de l'autre porte l'inscription suivante : "Tous les pays étrangers me sont soumis. Ma frontière Sud atteint la région du Pount, celle de l'Est les marais d'Asie. Les habitants du Sinaï sont sous ma domination. À l'Ouest, mon Royaume s'étend jusqu'au Manu. Je domine la Libye. Je règne sur les Bédouins, les habitants du désert. On m'apporte la myrrhe du Pount...". Les représentations du deuxième portique du temple de Deir el-Bahari, également appelé portique du Pount, retracent les expédions en direction des mines du Sinaï et du Pount.
Les travaux entrepris durant son règne concerneront également la restauration des monuments détruits par les Hyksos, la construction d'une chapelle en grès et de deux obélisques en l'honneur de Khnoum à Eléphantine, l'aménagement d'une grotte à Spéos Artemidos en Moyenne Égypte consacrée à la déesse Pachet et surtout son temple funéraire de Deir el-Bahari que les Egyptiens nommaient "djéer djéserou" (le magnifique des magnifiques), taillé dans le roc d'une montagne et composé de trois terrasses. Elle fera aménager une tombe entre la Vallée des rois et la Vallée des reines dans laquelle on trouvera un sarcophage en quartzite jaune. Cette construction sera abandonnée après son couronnement et remplacée par une tombe dans creusée dans la Vallée des Rois. Les circonstances de sa mort restent inconnues. L'empressement de son successeur à faire disparaître l'essentiel des traces du règne de sa tante plaide malgré tout pour une disparition violente dans le cadre d'une révolution de palais.
MenKhéper Rê Thoutmès
Nom grec : Thoutmosis III
Période de règne approximative : 1504 à 1450 avant Jésus-Christ
Lors de son accession au trône, Thoutmosis III doit faire face à une révolte des principautés asiatiques, coalisées autour du prince de Qadech sous l'influence du Mitanni. Les ennemis vont s'affronter au cours de 17 campagnes militaires. L'affrontement entre Egyptiens et Mitanniens est rapporté par les Annales que Thoutmosis III fera graver dans le temple d'Amon Rê de Karnak. Le pharaon partira du Delta oriental, remontera par Gaza, atteindra la plaine de Megiddo avant d'assiéger la ville qui finira par tomber. Le roi poursuivra alors vers Tyr. Il brisera au cours des trois campagnes suivantes, la branche occidentale de la coalition. Thoutmosis III s'attaquera, les années suivantes, au Djahy et à Qadech. Il prend Oullaza et Ardata.
Les Egyptiens arrivent en Syrie par la mer l'année suivante, au cours de la sixième campagne. Ils remontent jusqu'à Qadech puis reviennent sur leurs pas et marchent sur Simyra au Nord de l'embouchure du Nahr el-Kébir. Les ports phéniciens se soumettent au cours de la septième campagne, un an plus tard, après la chute de Oullaza. Les guerres d'Asie débouchent, en l'an 33, à une confrontation directe avec le Mitanni. L'armée transportera des bateaux fluviaux à travers la Syrie afin de franchir la barrière naturelle constituée par l'Euphrate. Les Egyptiens atteignent Qatna à l'Est de l'Oronte puis franchissent le fleuve. Thoutmosis III consacre une stèle commémorative à côté de celle érigée jadis par son grand-père. Il remonte vers le Nord, ravage la région de Karkémish puis retourne sur l'Oronte. Les neuf campagnes suivantes s'efforceront de cantonner les forces mitanniennes en Naharina. Le règne s'achève dans une paix relative. L'Egypte domine le Proche-Orient et les relations avec les pays de la mer Egée sont cordiales. A sa mort, Thoutmosis III entre dans la légende. La tradition lui reconnaît également le goût pour la botanique et l'art de la littérature.
Aakhéperou Rê Amenhotep
Nom grec : Aménophis II
Période de règne approximative : 1450 à 1425 avant Jésus-Christ
Thoutmosis III associe au pouvoir Aakhéperou Rê Amenhotep, le fils qu'il a eu de sa seconde épouse, Hatchepsout II Mérirê. Moins intellectuel et plus porté sur les armes, le jeune souverain mène trois campagnes en Syrie. Les affrontements contre le Mitanni, qui se soldent par la perte de la zone comprise entre l'Oronte et l'Euphrate, seront les derniers qui opposeront les deux adversaires. Le nouvel empire hittite fondé par Tudhaliya II menace le Mitanni. La paix règne en Nubie. Aménophis II décore en partie Kalabsha et poursuit les travaux entrepris par Thoutmosis III à Amarna. Il entreprendra également plusieurs chantiers en Thébaïde.
Menkhéperou Rê Thoutmès
Nom grec : Thoutmosis IV
Période de règne approximative : 1425 à 1405 avant Jésus-Christ
Thoutmosis IV succède à Aménophis II. La stèle qu'il fera graver entre les pattes du sphinx de Gîza relate que le dieu lui promettra en songe la royauté s'il le désensablait. Son règne ne dura que neuf ans. Le roi disparaîtra vers l'âge de trente ans après avoir épousé la princesse mitannienne Moutemouia, fille du roi Artakama, qui lui donnera un fils et successeur en la personne d'Amenophis III.
Nebma Rê Amenhotep III
Nom grec : Aménophis III
Période de règne approximative : 1405 à 1367 avant Jésus-Christ
Aménophis III est le fils de Thoutmosis IV et de Moutemouia. Cette dernière assume la régence lorsqu'il monte sur le trône à l'âge de douze ans. Aménophis III épousera une femme d'origine non royale sans doute d'origine nubienne, la reine Tiy, fille d'Youya et de Touya. Le frère de la reine Tiy, le divin Ay, succédera plus tard à Toutankhamon. La Grande Epouse du Roi jouera un rôle de premier plan et prendra le pas sur la reine mère. Le règne d'Aménophis III n'est marqué d'aucun conflit. L'Egypte étend son influence très au-delà de ses frontières.
Le nom du pharaon est attesté en Crête, à Mycène, en Etolie, en Anatolie, au Yémen et à Babylone. Aménophis III épouse Gilu-Heba puis Tadu-Heba, les filles de rois du Mitanni, en signe d'alliance et fait de même avec deux princesses de Babylone. Les rois hittites se renforcent et viendront bientôt menacer la toute puissance de l'Egypte. Aménophis III compte parmi les plus grands constructeurs de l'Egypte ancienne. Il entreprend de nombreux chantiers en Nubie et dans le Nord du pays, à Athribis et à Bubastis.
Les grands travaux du Serapeum à Saqqarah débutent. Les monuments dans la vallée, à Elkab, Souménou, Abydos et Hermopolis, sortent de terre. Le pharaon fait construire à Thèbes un temple censé être le "harem méridional " d'Amon Rê et fait ériger dans le temple de Mout, au Sud de l'enceinte de Karnak, six cents statues de la déesse Sekhmet. Il se fait édifier, sur la rive occidentale, un palais à Malgata et un gigantesque temple funéraire dont il ne reste que les deux statues monumentales appelées colosses de Memnon. Il meurt en l'an 39 de son règne.
Néferkhéperou Rê Amenhotep
Akhenaton
Nom grec : Aménophis IV
Période de règne approximative : 1379 à 1362 avant Jésus-Christ
Aménophis IV sera le premier souverain au monde à instaurer le monothéisme. Il devient pharaon à 15 ans, à la mort de son père Aménophis III dont c'est le fils unique. La corégence entre le père et le fils n'est pas certaine. Le nouveau pharaon se fait couronner à Karnak, sous le nom d'Aménophis IV "Celui qui satisfait Amon", signe qu'au départ, il n'était pas en lutte ouverte avec le clergé d'Amon Rê. Il épouse sa cousine Nefertiti (La belle est venue), fille de Ay et de Tiy II, donc petite-fille de Youya et Touya. Aménophis IV et Nefertiti forment un couple encore plus étroitement lié politiquement que celui Aménophis III et Tiy.
Le pharaon vénère l'ensemble du panthéon égyptien jusqu'en l'an 4 de son règne et entreprend un programme de construction traditionnel. Sans doute lasser de la puissance du clergé d'Amon, le dieu le plus puissant, il impose le culte d'Aton (le dieu au disque solaire) comme dieu unique. Il fait détruire, en les martelant, les noms et les images d'Amon et quitte Thèbes, capitale de l'Empire et siège du Temple d'Amon (Karnak). Il prend alors le nom d'Akhenaton "Celui qui est bénéfique pour Aton" et fait construire une ville nouvelle, à 320 km plus au Nord. Elle portera le nom de Akhet-aton "l'Horizon d'Aton", connue aujourd'hui sous le nom de Tell Amarna. Un nouvel art armanien voit le jour, moins rigide, et surtout moins conventionnel que par le passé. Les formes deviennent réalistes, pouvant aller jusqu'à la caricature. Les crânes s'allongent anormalement vers l'arrière, la poitrine se rétrécit, le ventre ballonne au-dessus du pagne. Chose nouvelle, l'art officiel représente dès le début la famille royale dans des scènes jugées jusque là trop intimes.
L'épouse royale Néfertiti et les six princesses nées de son union avec le roi sont omniprésentes. La reine Tiy s'installe à la cour d'Armana en l'an 12 ce qui permet à certains d'affirmer qu'Akhenaton n'a régné seul qu'à partir de cette date. L'une des six filles du couple royal, Mékétaton, meurt la même année. Nefertiti semble jouer un rôle réduit à partir de cet instant et se serait peut-être éloignée. L'une de ses filles, Méritaton, la remplace dans les cérémonies auprès du roi. Les trois dernières années du règne sont troublées par les persécutions contre les défenseurs du culte d'Amon.
Très mystique, Akhenaton compose certains hymnes à la gloire d'Aton que l'on retrouve à l'état presque original dans les Psaumes de la Bible. Moïse, élevé comme un prince égyptien et presque contemporain du roi Akhenaton, a peut-être été inspiré par ce dernier. Les principes du monothéisme existaient à l'état latent dans la religion égyptienne et étaient à la base de l'enseignement secret des temples depuis des siècles. La réforme d'Akhenaton n'est, en réalité, qu'une divulgation des mystères de l'ancien enseignement et une profanation de ce qu'il contenait de plus sacré. Les initiés qui partageaient le secret considéraient l'initiative comme un sacrilège. Pacifiste avant l'heure, le roi refuse de faire la guerre pour défendre les frontières de l'Egypte. Les incursions ennemies se succèdent provoquant la colère des égyptiens. Ce mécontentement sera exploité par les prêtres d'Amon qui mirent sur pied une conjuration pour éliminer le roi.
L'autorité du pharaon était indiscutable de son vivant. Akhenaton qui ne se déplaçait qu'à l'intérieur de ses stèles, les frontières de Tell El-Armana, semblait ignorer le vent de révolte parti de Thèbes et qui gagnait toutes les provinces. La reine-mère Tiy viendra personnellement à Tell El-Armana pour informer son fils qui semblait ne pas saisir la gravité de la situation. Il enverra Smenkhka Rê, son demi-frère ou cousin nommé corégent, pour négocier avec le clergé thébain une tolérance pour la restauration du culte d'Amon et d'Osiris. On ignore les conditions exactes de la mort du roi. Sa tombe ainsi que celle de Néfertiti n'ont jamais été découvertes. Celles qui ont été construites à Amarna étaient vides. Leurs dépouilles ont sans doute été transportées dans un lieu secret par des fidèles.
Smenkhka Rê
Période de règne approximative : 1363 à 1362 avant Jésus-Christ
Smenkhka Rê, qui succède à Akhenaton, légitimera sa montée sur le trône en épousant l'une des filles du roi. Il ne règnera pas plus de deux ans. Sa dépouille a été retrouvée dans une tombe construite dans la Vallée des Rois. Elle contenait d'autres restes qui sont peut-être ceux de la reine Tiy.
Nebkhéperou Rê Toutankhaton
Toutankhamon
Période de règne approximative : 1361 à 1352 avant Jésus-Christ
Toutankhaton, qui prendra le nom de Toutankhamon par la suite, naît en l'an 34 ou 35 du règne d'Aménophis III. Sa filiation est une énigme. Il appartient à la maison royale mais plusieurs hypothèses circulent sur son ascendance. Il semblerait que ses parents soient Tiyi, la grande veuve royale d'Aménophis III, et Akhenaton. La ressemblance de Toutankhaton avec Tiyi, Akhenaton et Sémenkéré, frère ou demi-frère d'Akhenaton, renforce cette hypothèse. L'enfant est confié à Maya, sa nourrice. Il vit au sein du harem royal en compagnie des six filles d'Akhenaton et de Nefertiti. Son éducation commence à 4 ans. Il fréquentera plus tard la "maison de vie", l'école des scribes et des magiciens, pour apprendre les dogmes royaux, l'unique loi égyptienne. Akhenaton meurt à 30 ans, en l'an 1347 avant Jésus-Christ, des suites d'une longue maladie.
Toutankhaton monte sur le trône de la Haute et Basse Égypte à l'âge de 9 ans, et prend pour reine et grande épouse royale, Ankhesenpaton, la troisième fille d'Akhenaton et de Nefertiti. Très rapidement, il quitte Amarna pour Memphis. La ville d'Akhetaton est abandonnée après seulement une trentaine d'années d'existence. La période hérétique prend fin. L'intendant Ay, homme faible, et l'ambitieux le général Horemheb, engagent la contre-réforme. Le jeune pharaon prend alors le nom de Toutankhamon, signe d'Amon. Memphis redevient la capitale du royaume. Toutankhamon meurt à l'âge de 18 ans, par accident ou assassiné, sans avoir eu d'enfant de son épouse Ankhesenpaton.
Khéperkhéperou Rê
Ay
Période de règne approximative : 1352 à 1348 avant Jésus-Christ
La lignée d'Ahmosis est éteinte. Sa veuve supplie le roi hittite Suppiluliuma de lui envoyer l'un de ses fils pour l'épouser et en faire le pharaon d'Egypte. Le prince sera tué à la frontière égyptienne. L'union entre les empires hittites et égyptiens n'aura pas lieu. Ankhesenpaton épouse alors peut-être le vizir de son défunt mari, le vieil intendant Ay qui s'empare du pouvoir pour une durée de 4 ans.
Djeserkhéperou Rê
Horemheb
Période de règne approximative : 1348 à 1320 avant Jésus-Christ
La réelle coupure dynastique a lieu lorsque le commandant en chef de l'armée, Horemheb, prend le pouvoir et se présente comme restaurateur de l'ordre établi. Il sera un grand constructeur, surtout à Karnak. Après vingt-sept ans de règne, il sera enterré à Thèbes, dans la Vallée des Rois.
XIXème dynastie thébaine ou Période du Second Empire
Période allant d'environ de 1320 à 1200 avant Jésus-Christ
N'ayant pas d'héritier mâle, Horemheb transmet le pouvoir à un autre militaire, un général originaire du Delta qui va fonder une nouvelle dynastie, celle des Ramsès.
Nom d'Horus : Menpehti Rê
Ramsès Ier
Période de règne approximative : 1320 à 1318 avant Jésus-Christ
Ramsès Ier, issu d'une lignée de militaires, n'a aucune ascendance royale. Son nom d'Horus, "Celui qui confirme Maât à travers les Deux Terres", indique sa volonté de continuer l'oeuvre d'Horemheb. Son prénom est Ramessou, "Rê l'a mis au monde" et son nom de couronnement, Menpehty Rê, "stable est la puissance de Rê". Cette référence au dieu Rê comble partiellement la carence divine de ses origines. Il s'installe à Memphis pour échapper à l'influence des prêtres de Thèbes.
Nom d'Horus : Menpehti Rê
Séthi Ier
Période de règne approximative : 1318 à 1304 avant Jésus-Christ
Séthi Ier succède à son père à l'issue de deux années de règne seulement. Fin politique, il réside à Memphis tout comme son père mais Thèbes reste la capitale de l'empire. Séthi est né probablement entre la fin du règne de Ay et le début de celui d'Horemheb. Son grand-père, qui portait le même nom, était un officier de la charrerie contemporain d'Akhenaton puis de Toutankhamon. La famille est très certainement originaire d'une cité localisée au Nord de l'ancienne ville hyksôs d'Avaris dans le Delta oriental.
La stèle de l'an 400 en granit rose d'Assouan trouvée à Tanis, mais très certainement déplacée depuis Pi Ramsès par Psousenmès Ier sous la XXIème dynastie, représente Ramsès II coiffé de la couronne bleue Kheprech. Cette stèle est dédiée par Ramsès II au dieu Seth, représenté sous une forme asiatique. Le pharaon fait une libation de deux vases à vin vers Seth, divinité rarement représentée avant l'époque ramesside sinon à l'époque des Hyksôs. Ce dieu est représenté sous une forme qui se rapproche des divinités palestiniennes de l'époque. Sethi, l'ennemi d'Osiris, était le dieu principal des Hyksôs qui lui donneront le nom de Soutekh et le représenteront sous une forme qui le rapproche du dieu sémitique Baal.
La stèle représente trois personnages de taille identique. L'un d'entre eux pourrait être, si l'on se réfère titres qui l'accompagne "régent, vizir et maire de Thèbes, scribe royal, officier de la charrerie, gouverneur de la forteresse de Tjarou, ville du delta oriental", Sethi Ier. Sethi prend comme nom de couronnement Men-Maat-Rê, qui signifie "stable est la vérité de Rê". Il part en campagne pour pacifier la Palestine devenue hostile depuis la fin de l'époque amarnienne et poursuit jusqu'au Liban. Il part, l'année suivante, jusqu'à Qadesh et pacifie la région d'Amourrou. La troisième campagne concernera les Libyens et la quatrième les Hittites. Il poursuit l'exploitation des mines de turquoise du Sinaï dont l'activité avait repris sous Ramsès Ier et met en valeur les mines d'or du désert d'Edfou et de Nubie. Il affectionne le dieu Seth d'Avaris, fait reconstruire le sanctuaire de Rê à Héliopolis et entreprend les travaux d'une partie de la salle hypostyle à Karnak qui sera achevée par Ramsès II. Le temple de Gebel Barkal est construit en Nubie.
L'art reprend l'essentiel de la tradition amarnienne. On en retrouve des témoignages dans son hypogée de la Vallée des Rois, dans les temples funéraires de Gourna et d'Abydos ainsi que dans l'Osireion, le tombeau d'Osiris, édifié à proximité.
Ouserma Rê
Ramsès II
Période de règne approximative : 1304 à 1237 avant Jésus-Christ
Ramsès II devient pharaon à l'âge de 25 ans. Dans un premier temps co-régnant, il assumera ensuite seul le pouvoir jusqu'à l'âge de 90 ans. Il héritera de l'empire constitué par son lointain prédécesseur, Touthmôsis III et renforcé par son père Séthi Ier. Son royaume s'étendait des rives du Tigre et de l'Euphrate, à l'Est, à la Libye, à l'Ouest, au Soudan, au Sud et aux îles de la mer Egée, au Nord. Il se mariera à six reprises, dont une fois avec sa soeur et trois fois avec ses filles. Son harem ne comptera pas moins de deux cents concubines qui lui donneront au total plus d'une centaine d'enfants.
Il conduira plus de vingt campagnes militaires et autorisera les Juifs à rentrer en Terre Promise. La bataille de Qadesh sur les rives de L'Oronte en Syrie, vers 1285 avant Jésus-Christ, constitue son fait d'arme le plus marquant. Il opposera le nouveau roi d'Egypte à Mouwatalli, roi de Hittites, qui était parvenu à coaliser plus de vingt peuples afin de prendre le contrôle de la région. Maintes fois représentée sur des bas-reliefs à la gloire du pharaon, cette bataille est décrite en détail dans un long poème épique connu sous le nom de Penthaour.
Ramsès II se trouvait à la tête d'une armée de 20.000 hommes, chars et infanterie inclus, constituée de quatre divisions portant les noms d'Amon, de Prê, de Ptah et de Séti et séparées les unes des autres de quelques kilomètres. Le pharaon se trouvait dans la première d'entre elles. Les Hittites mèneront une offensive victorieuse contre la deuxième division et l'anéantiront afin de séparer Ramsès II du reste de ses troupes. Encerclé par une armée beaucoup plus puissante que sa division, le pharaon aurait alors invoqué son père et dieu, Amon, en ces termes : "Amon, que se passe t'il donc ? Un père oublie t'il son fils ? Je suis seul, absolument seul au milieu de barbares innombrables. Mes soldats m'ont abandonné en masse, Je t'appelle car je sais qu'Amon est plus puissant que des millions de soldats". Le dieu lui aurait alors répondu : "En avant, en avant, Je suis avec toi, moi ton père, moi le seigneur de la victoire, et j'aime le courage".
Le Penthaour rapporte que Ramsès II aurait opposé, seul, une résistance héroïque aux milliers de soldats qu'il devait affronter. Il parviendra à tenir la position le temps suffisant pour la division Ptah vienne à son secours et mette l'ennemi en déroute. Dans la réalité, cette bataille ne connaîtra pas de vainqueur et les deux camps parviendront à un traité de paix qui sera respecté pendant près d'un demi-siècle. Le pharaon acceptera de prendre la fille de Mouwatalli comme épouse en signe de bonne volonté. Dans la version romanesque à la gloire du pharaon, celui-ci apparaît comme un héros surhumain. Il déclare alors : "Je suis devenu l'égal du dieu Montou. J'ai tiré la flèche de la main droite et j'ai frappé de la main gauche. J'étais comme Baal dans sa fureur, J'avais face à moi 2500 paires de chevaux qui ont été anéantis sous les pieds de mes destriers... Pas un ennemi n'a levé la main pour combattre. Le coeur leur a manqué, les membres ont failli, ils ne pouvaient plus tirer et n'avaient plus la force de manier la lance... Je les ai fait tomber comme les crocodiles tombent à l'eau. Ils se sont effondrés, la tête en avant, s'entassant les uns sur les autres. Je les ai tous tués selon mon désir".
Lorsqu'il accède au pouvoir après la mort de Séthi Ier, la capitale de l'Empire, Louxor, a perdu un grand nombre de ses prérogatives. Le père du pharaon avait amorcé le déplacement de plusieurs organes du pouvoir en Haute-Egypte, à proximité du delta. Ramsès II poursuivra ce mouvement et créera une ville nouvelle, baptisée Pi-Ramsès (le domaine de Ramsès), qui pourrait correspondre à la ville actuelle de San al-Hajar, l'ancienne capitale des Hyksos alors baptisée Tanis. Grand bâtisseur, le pharaon entreprendra de nombreux chantiers à travers l'ensemble du pays, n'hésitant pas parfois à agrandir les monuments existant et à s'en attribuer la paternité. Il commandera un grand nombre de statues colossales à son effigie, le représentant dans la force de l'âge et sans défaut physique. Sa momie, très bien conservée, révélera une dentition délabrée, un long nez crochu. De plus, le roi souffrait d'insuffisance cardiaque et d'arthrite à la hanche.
Il contribuera à la renaissance de la ville de Memphis dont l'un de ses fils était le grand-prêtre d'Amon et y fera édifier un colosse de dix mètres de hauteur. Il agrandira, à l'instar de nombreux pharaons, le temple de Karnak en y ajoutant une cour de quarante piliers osiriaques ainsi qu'un temple de taille plus modeste précédé d'un pylône gigantesque et de colosses. Il fera recouvrir les cartouches de Ramsès Ier et de Séthi Ier dans la salle hypostyle par le sien afin d'en apparaître l'instigateur. La falsification, très imparfaite, ne laisse aucun doute sur la tentative de supercherie. La bataille de Qadesh est sculptée en bas-relief sur le mur extérieur de cette salle. Sa contribution au temple de Louxor consiste dans l'élévation d'un pylône d'une largeur de 65 mètres, également recouvert d'un bas-relief de la bataille de Qadesh, ainsi que dans la création de six statues colossales de 15 mètres de hauteur. Il y fera ériger les deux obélisques dont l'un, qui se trouve aujourd'hui place de la Concorde à Paris, sera offert à la France par Muhammad Ali en 1831.
Le roi commandera le temple destiné à son culte funéraire dans la Vallée des Rois, le Ramesseum, naturellement gravé d'une représentation de la bataille de Qadesh et doté d'une statue colossale aujourd'hui effondrée de 18 mètres de hauteur et d'un poids de plus de 1.000 tonnes, la plus imposante connue à ce jour.
Il achèvera les travaux du temple d'Osiris à Abydos dans lequel il est représenté en compagnie de tous ses prédécesseurs depuis Ménès ainsi que dialoguant avec les dieux sur une série de piliers. La construction des temples d'Abou Simbel, sauvés des eaux après la construction du haut barrage d'Assouan sur le Nil, constitue l'un des éléments essentiels du rôle de bâtisseur du pharaon. Quatre statues colossales de 21 mètres de hauteur gardent l'entrée du grand temple creusé à même la falaise. Le roi est représenté, à l'intérieur, sous les traits d'Osiris. Le petit temple est dédié à la déesse Hathor et à Néfertari, première épouse du roi. La façade est ornée de six colosses de 10 mètres de hauteur sculptés dans le roc. Quatre d'entre eux représentent le roi et deux la reine.
La tombe du roi a été découverte dans une nécropole située sur la colline qui domine le temple de la reine Hatshepsout à Deir el-Bahari. Une équipe d'archéologues américains a découvert à proximité une tombe gigantesque renfermant 67 chambres funéraires. D'après les objets et inscriptions trouvés sur place, il pourrait s'agir de la sépulture des fils du pharaon. L'Empire ne résistera pas à sa mort. Les provinces se rebelleront et les peuples voisins conduiront de nombreuses incursions.
Néfertari
Néfertari est l'épouse préférée de Ramsès II. Le pharaon l'appelle la Dame de Charme, la Riche d'Éloges, la Belle de Visage et la Douce d'Amour. Son ascendance n'est pas certaine. Certain pense qu'elle pourrait être la fille du roi Séti et donc la soeur ou demi-soeur de son mari. A 19 ans, elle est couronnée reine et grande épouse royale de Ramsès II lors de son accession au trône à l'âge de 25 ans. Elle prend le nom de Néfertari, la plus belle de toutes. Le harem est pourtant abondamment fourni d'épouses et concubines.
Le roi, grand bâtisseur et guerrier, fait construire en son honneur à Abou Simbel en Nubie, à coté de son sanctuaire, un petit temple dédié à Néfertari et Hathor, la déesse de la danse, de la musique et de la joie. La reine est ainsi divinisée. La reine intervient dans les affaires politiques et spirituelles du pays. Elle est associée aux cérémonies religieuses et aux longues négociations du traité de paix avec les Hittites. L'Égypte et la capitale de l'empire, Pi-Ramsès, connaissent l'opulence. Elle meurt à l'âge de 40 ans, bien avant son époux qui disparaîtra à l'age de 90 ans après 67 années de règne.
Baen Rê Merne-Ptah
Mineptah
Période de règne approximative : 1236 à 1223 avant Jésus-Christ
Menma Rê
Amenmès
Période de règne approximative : 1222 à 1217 avant Jésus-Christ
Ouserkhéperou Rê
Séthi II
Période de règne approximative : 1216 à 1210 avant Jésus-Christ
Aakehen Rê Setepen Rê
Merneptah Siptah
Sit Rê Meryetamon
Taousret
Date de début de règne approximative : 1209 avant Jésus-Christ
Iarsou
Date de fin de règne approximative : 1200 avant Jésus-Christ
XXème dynastie
Période allant d'environ de 1200 à 1085 avant Jésus-Christ
Ouserkaou Rê
Sethnakht
Période de règne approximative : 1200 à 1198 avant Jésus-Christ
Sethnakht, qui signifie Seth et puissant, est très certainement un militaire qui parviendra au pouvoir en renversant Iarsou. Il fondera ainsi la XXème dynastie. Il mettra fin, au cours d'un règne de trois années seulement, aux intrigues de palais qui secouent l'Egypte. A sa mort son fils légitime et successeur, Ramsès III, monte sur le trône. Les travaux entrepris pour le creusement de sa tombe ayant connu quelques vicissitudes, il décide d'occuper celle de la reine Taousert qui porte aujourd'hui le numéro 14 dans la Vallée des Rois.
Ouserma Rê Mery Amon
Ramsès III
Période de règne approximative : 1198 à 1166 avant Jésus-Christ
Ramsès III succède à son père Sethnakht. Son couronnement donnera lieu à d'importantes festivités. Son épouse Isis lui donnera plusieurs fils dont trois accèderont au trône (Ramsès IV, Ramsès VI, Ramsès VIII). Ramsès III, qui se voulait l'héritier et le fils spirituel du grand Ramsès II, renforcera le pouvoir des prêtres et établira un recensement des temples construits en Egypte. Au plan militaire, il dotera le pays d'une flotte de navires de guerre chargée de protéger l'embouchure du Nil menacée par les peuples de la mer auxquels se sont joints les Philistins. Ramsès III les rencontrera dans une bataille navale qu'il relate sur les murs de son temple de Médinet-Habou.
Les conflits ne cesseront pendant presque onze années, souvent remportés par le pharaon qui mènera également deux guerres sur le front Ouest contre les troupes de la coalition libyenne (Libou et Meshouesh). Les Libyens repoussés dans un premier temps par Mineptah, réapparaissent dans le Delta occidental. Ils seront vaincus par Ramsès III qui intègrera une partie de leurs troupes à l'armée égyptienne. La deuxième offensive, six ans plus tard, se soldera par l'anéantissement des ennemis qui seront sont emmenés en captivité avec femmes et enfants. Des communautés libyennes se constituent alors dans le pays qui seront progressivement égyptiannisées. Elles se regrouperont en chefferies qui s'empareront du pouvoir quand le pays sombrera à nouveau dans l'anarchie.
Ramsès III part en campagne en Asie, en l'an 12 de son règne, pour protéger les possessions syriennes. Le pays connaîtra, à l'issue de cette période guerrière, une nouvelle ère de prospérité. Ramsès III laissera derrière lui le château de millions d'années situé à Medinet Habou. Les représentations des pylônes célèbrent la gloire du pharaon et de l'Égypte victorieuse et celles des murs intérieurs des épisodes de la fête du dieu générateur Min. Le plan de ce temple reprend celui du Ramesseum. Il fera construire à Karnak un vaste temple reposoir en grès jaune destiné aux barques de la triade thébaine, un temple consacré à la déesse Mout et au dieu Khonsou, et il entreprendra, sans doute, la construction du temple de Khonsou. Il aurait également construit à Pi-Ramsès, Héliopolis, Memphis, Athribis, Hermopolis, Assiout, This, Abydos, Ombos, Coptos, Elbak, en Nubie et en Syrie. Des problèmes économiques, en l'an 29 de son règne, entraîneront les travailleurs de Deir el-Medina dans la grève.
Le roi limoge son vizir et doit veiller à la régularité du service des rations versées aux temples. Ces difficultés trahissent également un affaiblissement du pouvoir de l'Etat face aux clergés et aux domaines des temples. Le règne s'achèvera par des intrigues et des complots qui sont le fruit de querelles dynastiques.
Une seconde épouse, Tiy, fomente un complot dans le harem pour mettre sur le trône son fils, Pentaouret. Les minutes du procès intenté aux conspirateurs sous le règne de Ramsès IV sont parvenues jusqu'à nous. La conspiration réunira un commandant des archers de Nubie et un général, des hauts fonctionnaires du harem, un intendant, un trésorier royal, des scribes, des surveillants et des femmes. On pratiquera des rites d'envoûtement avec des figurines de cire pour endormir les gardiens des portes et donner accès aux complices extérieurs. Les militaires participant à ce coup d'Etat provoqueront le soulèvement des troupes. Sans doute trahis, les coupables seront condamnés et exécutés. Le pharaon décèdera peu de temps après et sera enterré dans la tombe numéro 11 de la Vallée des Rois. La momie retrouvée est celle d'un homme de soixante-cinq ans environ qui semble mort de mort naturelle.
Ouserma Rê Sétepe Amon
Ramsès IV
Période de règne approximative : 1166 à 1160 avant Jésus-Christ
Ouserma Rê Sékheperen Rê
Ramsès V
Période de règne approximative : 1160 à 1156 avant Jésus-Christ
Ramsès V Amonherkhépechef qui succède à son père meurt au bout de quatre ans de règne. Il fera construire, outre sa tombe dans la Vallée des Rois, un temple funéraire à Héliopolis et Bouhen. Le Papyrus Wilbour, un grand texte fiscal conservé au Musée de Brooklyn, date de son époque ainsi qu'une série d'hymnes royaux et que le Papyrus 1887 de Turin relatant un scandale financier dans lequel sont impliqués des prêtres d'Eléphantine.
Nebma Rê Mery Amon
Ramsès VI
Période de règne approximative : 1156 à 1148 avant Jésus-Christ
Ramsès VI Amonherkhépechef II est un fils de Ramsès III, contrairement à son prédécesseur. Les deux lignées, celle des descendants directs et celle des frères et neveux de Ramsès III se disputeront le pouvoir jusqu'à la fin de la dynastie. Les signes de décadence se multiplient et le pays est soumis à de nombreuses exactions de la part de bandits. Le pouvoir des grands prêtres d'Amon s'accroît.
Ouserma Rê My Amon
Ramsès VII
Période de règne approximative : 1148 à 1147 avant Jésus-Christ
Le règne de Ramsès VII qui succède à son père, est placé sous le signe de la misère qui frappe le pays. L'argent manque cruellement, l'inflation est galopante et les rois n'ont plus les moyens de construire des monuments.
Ouserma Rê Akhna Amon
Ramsès VIII
Période de règne approximative : 1147 à 1125 avant Jésus-Christ
Néferka Rê Sétempé Rê
Ramsès IX
Période de règne approximative : 1140 à 1121 avant Jésus-Christ
Ramsès IX règne dix-huit ans, ce qui lui permet de prendre un certain nombre d'initiatives. On retrouvera sa titulature à Amara-ouest et son nom à Gezer en Palestine, dans l'oasis de Dakla et à Antinae. Il entreprendra plusieurs chantiers essentiellement à Héliopolis. La fin du règne de Ramsès IX est entachée par le pillage de la nécropole royale et de certaines nécropoles civiles.
Les autorités tenteront de sauver les dépouilles en les transférant, les regroupant et en les cachant. Le Grand Prêtre Hérihor déplacera ainsi la momie de Ramsès II dans la tombe de Séthi Ier. Le grand Pinedjem la fera ensuite transporter dans la cachette de Deir el-Bahari avec celle de Séthi Ier dans une cachette aménagée dans la tombe de l'épouse d'Ahmosis, Inhâpy, qu'il fera agrandir. Il y fera déposer quarante cercueils de rois et grands prêtres entre la XVIIème à la XXIème dynastie.
Khéperma Rê Sétepen Rê
Ramsès X
Période de règne approximative : 1121 à 1113 avant Jésus-Christ
La durée du règne de Ramsès X Amonherkhépechef III est très incertaine. Elle pourrait être comprise entre trois ou neuf ans. Ce pharaon est le dernier roi dont la souveraineté sur la Nubie est attestée.
Khéperma Rê Sétpen Ptah
Ramsès XI
Période de règne approximative : 1113 à 1085 avant Jésus-Christ
Ramsès XI règnera vingt-sept ans. Son pouvoir sera purement symbolique au cours des huit dernières années au pouvoir. Les troubles agitent la région de Thèbes où les prêtres s'arrogent des prérogatives qui font d'eux presque les égaux du roi. Le Grand Prêtre de Karnak Hérihor devient tout-puissant en Haute-Egypte.
C'est le début de "l'ère de Renaissance" qui consacre l'équilibre théorique d'un triumvirat composé d'un roi impuissant, d'un administrateur du nom de Smendès qui gère, en principe sous les ordres du clergé d'Amon, le Nord du royaume depuis la résidence royale de Pi-Ramsès et d'Hérihor qui cumule les charges temporelles et spirituelles et commande les armées de la Haute-Egypte et de la Nubie. Le faux équilibre ne survivra pas à la disparition de Ramsès XI. Smendès, qui se réclame de la famille royale, fonde dans le Nord du pays une nouvelle dynastie qui prend pour capitale la nouvelle ville de Tanis. Les Grands prêtres d'Amon s'arrogent tous les pouvoirs dans le Sud du pays.
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 | Le Nouvel Empire Toutânkhamon et ses successeurs Salle 26a approx. between 1361 and 1200 B.C. Toutankhaton, qui prendra le nom de Toutankhamon par la suite, naît en l'an 34 ou 35 du règne d'Aménophis III. Sa filiation est une énigme.

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 | Le Nouvel Empire Salle Vincennes Toutânkhamon et ses successeurs Salle 26b approx. between 1361 and 1200 B.C. Toutankhaton, qui prendra le nom de Toutankhamon par la suite, naît en l'an 34 ou 35 du règne d'Aménophis III. Sa filiation est une énigme.

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 | Le Nouvel Empire Huitième salle du musée Charles X Le temps des Ramsès - Princes et courtisans Salle 28 approx. between 1320 and 1085 B.C. La réelle coupure dynastique a lieu lorsque le commandant en chef de l'armée, Horemheb, prend le pouvoir et se présente comme restaurateur de l'ordre établi. Il sera un grand constructeur, surtout à Karnak. Après vingt-sept ans de règne, il sera enterré à Thèbes, dans la Vallée des Rois.

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 | Le Nouvel Empire Neuvième salle du musée de Charles X Le temps des Ramsès - Les pharaons Salle 27 approx. between 1320 and 1085 B.C. La réelle coupure dynastique a lieu lorsque le commandant en chef de l'armée, Horemheb, prend le pouvoir et se présente comme restaurateur de l'ordre établi. Il sera un grand constructeur, surtout à Karnak. Après vingt-sept ans de règne, il sera enterré à Thèbes, dans la Vallée des Rois.

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