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Marcel Duchamp fera sensation ? l'exposition internationale d'art moderne de New York, dite "Armory Show", de 1913. Il y pr?sentera son Nu descendant un escalier n° 2, r?alis? l'ann?e pr?c?dente. Le mod?le est pr?sent? dans diff?rentes positions successives selon un proc?d? proche des recherches photographiques contemporaines. La Roue de bicyclette de 1913, fix?e sur un tabouret de cuisine et r?alis?e pour la d?coration de l'atelier de l'artiste, sera le premier objet d'une longue s?rie de ready-made. Marcel Duchamp se contentera alors de choisir les objets et les exposer. La d?marche esth?tique devra d?clencher le jeu des repr?sentations symboliques associ?es spontan?ment ? ces formes.
Duchamp d?finitivement install? ? New York en 1915, deviendra une vedette tr?s m?diatis?e.
Toujours aussi provocateur, il proposera sa Fontaine, un simple urinoir sign? R. Mutt (son pseudonyme) qui sera refus?e au Salon de la Society of Independent Artists de 1917. L'artiste, d?fendant l'urinoir sign? d'un pseudonyme, d?clarera "Le fait que M. Mutt ait model? ou non la Fontaine de ses mains n'a aucune importance. Il l'a CHOISIE. Il a pris un article courant de la vie et fait dispara?tre sa signification utilitaire sous un nouveau titre. De ce point de vue, il lui a donn? un sens nouveau".
L'intervention de l'artiste devient abstraite au point qu'il demandera ? sa soeur Suzanne de r?aliser pour lui un "ready-made ? distance". En guise de cadeau pour son second mariage en 1919, il lui exposera dans une lettre le Ready-made malheureux qu'il lui proposera d'ex?cuter. Elle devra "accrocher un manuel de g?om?trie sur son balcon de sorte que le vent tourne les pages et choisisse les probl?mes que le temps se chargerait de r?soudre".
La plupart des ready-made originaux ont aujourd'hui disparu. Le couple de m?c?nes Arensberg, qui avait achet? l'urinoir rebaptis? "Fontaine", l'?garera. La Roue de bicyclette, l'?gouttoir et la pelle ? d?neiger rebaptis?e " En pr?vision d'un bras cass?" subiront le m?me sort. La premi?re grande r?trospective au Pasadena Museum of Art de Los Angeles, en 1963, exposera des r?pliques. L'id?e ? d?faut de l‘objet, ?tait ainsi sauvegard?e.
Marcel Duchamp comptera parmi les premiers artistes ? accorder le statut d'oeuvre ? ces notes de travail, publi?es sous forme de fac-simil?s dans trois bo?tes (La Bo?te de 1914, La Bo?te verte, et La Bo?te blanche). Il peindra sa derni?re oeuvre, "Tu m' ", en 1918, puis se livrera ? des exercices d'une autre nature, comme sa reproduction de la Joconde orn?e de moustaches, d'une barbiche et gratifi?e de l'inscription L.H.O.O.Q. Il montera, ? partir de 1920, des installations qui exp?rimentent des effets optiques et que le Pop art nommera "psych?d?liques" ("Rotative plaques verre", 1920 et "Disques avec spirales", 1923).
Il r?alisera ensuite son oeuvre majeure, selon son expression, en 1923 : la Mari?e mise ? nu par ses c?libataires, m?me.
Devenu dilettante, Duchamp m?nera une vie itin?rante de joueur d'?checs professionnels pendant dix ans. Il aimera alors "mieux vivre, respirer que travailler". L'artiste entreprendra son oeuvre posthume majeure ? partir de 1946 : ?tant donn?s : 1 ° la chute d'eau, 2 ° le gaz d'?clairage. Cette derni?re conjuguera les techniques du diorama et du "Peep Show". Elle sera, dit-on, con?ue dans le plus grand secret durant une p?riode de vingt temps. Le spectateur passe devant une vieille porte de bois, ? deux battants sans poign?e, ench?ss?e dans des montants de briques rouges. Si il s'approche, il peut apercevoir par deux petits trous am?nag?s ? hauteur d'homme une femme gisant, nue, les cuisses ?cart?es. Le sexe ?pil? et ?trangement fendu ?voque un viol sadique. Le bras de la femme est dress? et sa main tient avec fermet? une veilleuse ? gaz allum?e. Le fond du diorama en trompe l'oeil ?voque les arri?re-plans des peintures de la Renaissance. |