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Le musée Guimet est le seul en Europe à présenter une véritable collection sur le Champa, dont il ne reste qu'un nombre restreint d'édifices (souvent des tours) et des sculptures. Ces dernières sont principalement exposées dans les musées de Da Nang, d'Hanoi, de Hué et de Saigon.
On retrouvera plusieurs inscriptions faisant référence au royaume sous le nom de Campā (Tchampâ selon la prononciation restituée). Ce pays est désormais appelé le Champa, et ses habitants les Chams. Il s'étendra sur la côte orientale du Vietnam d'aujourd'hui, de la Porte d'Annam au nord à la région de Phan Thiêt (région du Binh Thuân), entre les IVème et XVIIème siècles. L'essentiel des connaissances de cette culture provient de l'archéologie et de l'étude des monuments, dont le plus grand nombre se situe dans l'actuelle province de Khanh Hoa, région de Nha Trang. Les vestiges, déjà en ruine au moment de leur inventaire systématique par l'Ecole Française d'Extrême-Orient au XIXème siècle, subiront d'importantes destructions au cours de la seconde moitié du XXème siècle. Certains édifices ne sont plus connus que par les photographies ou les croquis des années 1950-1960.
Le littoral indochinois est constitué de plaines côtières isolées les unes des autres qui abriteront de nombreuses principautés, le plus souvent rivales. Certaines d'entre elles parviendront à asseoir leur autorité par la force ou en revendiquant la possession de sanctuaires dédiés à Shiva. Les lieux saints les plus importants seront érigés à Po Nagar, près de Nha Trang, dans l'actuel Khanh Hoa, et à Mi Son, au sud de Da Nang, dans le Quang Nam.
Les apports de l'Inde enrichiront le fonds culturel local de manière pacifique. Plusieurs vagues de colonisateurs, installés sur le littoral de l'Indochine au début de l'ère chrétienne, auraient été formées d'une élite de marchands, brahmanes et nobles qui apporteront l'hindouisme et le sanskrit. Elles seront suivies par l'arrivée de moines bouddhistes d'origine indienne qui introduiront le Mahâyâna (Grand Véhicule). Cette colonisation partielle ne fera pas disparaître les caractères ethniques de population d'origine. La statuaire semble avoir volontairement accusé les caractères chams, sans doute pour se démarquer des stéréotypes indiens ou indonésiens. |